
Log n°2 - Cure des femmes

Quelle pression, c’est le premier véritable article de ce blog (déso le Log n°1). Quel va être le sujet de cet article ? Bien évidemment un sujet qui m’a valu multiples embrouilles.
Non je ne vais pas vous parler aujourd’hui de l’éternel débat : S’essuyer debout ou assis·e.
Je vais vous parler de ma cure des femmes ! Ou comment depuis quasiment 5 mois je me suis mis en tête de ne plus avoir d’interactions autre qu’amicales avec les femmes.
Cela va sans dire que tout ce que j’écris dans mon blog n’est qu’un point de vue personnel et ne peut en aucun cas être pris pour une vérité générale. Surtout avec un sujet aussi complexe que les relations homme-femme, sujet que j’ai toujours vécu du côté de l’oppresseur, je ne pourrais me permettre de donner des leçons à qui que ce soit.
Commençons par le commencement. Qu’est-ce qui a bien pu me faire remettre en question mes habitudes relationnelles et mes interactions avec les femmes ?
Comment on en arrive à une cure ?
Je suis pas sûr que cette partie soit très utile, mais que serait ce blog sans vous raconter les paaaaassionants détails de ma vie.
Donc pour vous poser le tableau, j’ai vécu dans une famille équivalente sous certains angles à un épisode des Bisounours. Beaucoup d’amour, beaucoup de câlins, une petite maison très agréable. Bref autant vous dire que maintenant j’ai besoin d’une dose assez élevé de tendresse pour vivre au quotidien.

Et de façon naturelle j’attendais de mes partenaires (pour l’instant uniquement des femmes) un débordement d’affection envers moi. Ça me paraissait normal, jusqu’au jour où je me suis cassé les dents.
Une courte relation qui s’est très mal finie, je donnais beaucoup trop pour ce que la personne en face recherchait et je n’arrivais pas à comprendre qu’on ne puisse vouloir plus (premier problème de consentement). La situation s’est donc emballée jusqu’à ce que je devienne complètement étouffant et ce même une fois la relation terminée, j’ai du attendre de me prendre un véritable mur, ou peut être même plusieurs pour lâcher l’affaire.
Après quelques mois à me morfondre j’ai fait la découverte des applis de rencontre. Enfin j’en connaissais l’existence mais pour moi ce n’était pas assez “romantique” et trop calculateur. C’est alors qu’un jour un pote m’a dit :
T’inquiètes mec, moi aussi je suis romantique. Je l’ai mis dans ma bio !

Résultat ? Au bout d’une semaine je parle avec plusieurs personnes, après avoir fait 3-4 rendez vous avec une en particulière on vient tranquillement se poser dans une relation, sans établir le statut de couple. Quel pied, adieu les prises de tête, adieu la jalousie maladive, j’étais resté intérieurement sur mon fiasco précédent et donc je n’avais pas des attentes irréalisables pour ma partenaire. Ce qui s’est avéré être une réussite.
Finalement comme convenu au départ, elle s’en va pour l’été et moi je vais à travers l’Europe. Qui dit voyage à travers l’Europe dit grand espoir envers le milieu estudiantin nocturne. C’est bien connu, quand on est jeune et qu’on bouge on a pas d’attaches, on est donc plus ouvert·es. Et moi fort de ma bonne expérience sur Tinder je me dis que je vais passer un été de fou furieux.
Résultat ? Des bons gros vents, on me ghost, on me bloque et mon nombre de meufs choppées s’élève à 0. Nice 😎👌. La déjà je sentais qu’un truc était pas net, et c’était pas mon charisme à mettre en cause, c’était cette façon de compter, de chercher qu’importe la situation une passerelle vers une possible relation sexuelle (second problème de consentement).
C’était quelque chose de très récurrent dans mon groupe de potes de dire avant de partir en soirée : “Ce soir les gars on choppe” et de revenir quelques heures plus tard “P’tin on est vraiment nazes, on a pas choppé”. En faisant ça je rajoutais juste une couche à la vision patriarcale en percevant les femmes que je croisait en objet de désir, et le tout en minant profondément mon égo puisqu’à mes yeux j’étais pas doué.
Le véritable coup fatal ça a été une recommandation de lecture, trouvée sur une note dans mon téléphone après une soirée très arrosée ou j’ai comme unique souvenir ce fameux livre Le principe du cumshot. Un bouquin de Lili Boisvert qui m’a ouvert les yeux sur mes rapports aux femmes. Franchement c’est pas très agréable de se rendre compte que tout ce sur quoi je basais mes interactions étaient une fois de plus que les résultats des injonctions continues du patriarcat.
Ouais déso j’aime bien les meufs qui sont petites, je suis irrésistiblement attiré par ce qui est “mignon” et plus elles sont tendres plus je fonds.
Attention on passe ça à la loupe antillusions™ :
Ouais déso j’aime bien les meufs qui me font ressentir une envie de les protéger, je suis irrésistiblement attiré par une personne qui ne met pas en danger mon ego et plus elles se laissent marcher dessus plus je fonds.
Malheureusement je caricature à peine…
Maintenant
Depuis à peu près 5 mois je suis célibataire volontaire et même plus je me refuse des interactions motivées par des désirs physiques avec les femmes. Mais, pourquoi tant de haine ? C’est la conclusion logique que j’ai trouvée, puisque :
Je ne gère pas les relations de couple, vu que j’ai ce soucis de les vivre trop intensément. Les rendants ainsi toxiques sur beaucoup de points.
Je ne gère pas non plus les coups d’un soir parce que j’arrive pas à voir au delà de mes pulsions très égocentriques et de mes attirances plus que biaisées.
Verdict ? Le seul truc que je maîtrise plus ou moins et dont je n’ai pas honte c’est l’amitié. On se restreint à ça donc.
Et même si ça change pas grand chose de façon générale sur mon quotidien, parce que je ne vais pas vous mentir j’ai jamais été un don Juan. Je vois une grosse différence sur mon état mental.
Je ne me met plus du tout la pression en soirée
Je rencontre et je discute beaucoup plus facilement avec les femmes
Mon temps de réflexion dédié à tout pleins de choses inutiles sur telle ou telle personne a été réduit à 0. (Ce qui me laisse beaucoup de temps pour écrire des articles)
Mais ce genre de changement ne viennent pas seuls, la majorité viennent parce que pleins de personnes super mettent à disposition des ressources pour mieux comprendre ces rapports de force qui s’opèrent entre les hommes et les femmes.
Je ne saurais remercier assez les contenus sur Instagram tels que ceux de @lanuitremueparis ou @cht.am (qui m’ont clairement inspiré à écrire cet article). De même pour les podcast avec le coeur sur la table qui m’a ouvert les yeux sur tellement de sujets liés à l’amour et le tout avec une production super agréable à écouter. Et les bouquins géniaux comme King Kong Théorie qui a été ma première grosse grosse claque dans la tronche (Très prochainement je vais aller me sentir encore un peu plus détestable en lisant Révolution amoureuse pour en finir avec le mythe de l’amour romantique).

En définitive cette pause me permet de me poser et de comprendre un peu mieux certaines choses dans mes relations et de je l’espère m’améliorer pour ne plus causer du tort à mes partenaires comme j’ai pu le faire.
Bon après je vais pas vous mentir ça m’arrive de déraper parfois, difficile de briser 20 ans de conditionnement en 5 petits mois. Mais globalement ce sont des nouvelles expériences beaucoup plus positives : embrasser quelqu’un sans chercher plus loin, être étrangement attiré par une personne avec laquelle on parle sans connaître son apparence.
Pfiou, quel sujet à aborder ! Et tellement personnel en plus ! Vous en savez à peu près autant que mes parents à propos de ma cure des femmes (c’est à dire un 7/10 sur l’échelle de l’honnêteté). Je suis encore au tout début de ma déconstruction et j’ai l’impression d’être un p’tit bébé qui découvre la vie, donc bien évidemment si j’ai dit des bêtises ou que vous avez des ressources à me conseiller venez m’en parler 😁
je vous fait des bisous, si ça ne vous dérange pas,
Lulu 🌻
PS : Merci à ma grande sœur 🐞, pilier de ma culture féministe qui m’a relu et confirmé que cet article n’était pas du mansplaining. Juste hyper personnel et que après le féminisme il faudrait que je travaille sur ma pudeur
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